Loi des Cadets Libres de France
Inspirée de celles de Baden-Powell et de Jacques Sevin
Pour être proposée comme règle à la jeunesse de France
septembre 2025
Le paragraphe qui suit chaque article est un commentaire qui a aussi vocation à être transmis aux Cadets dans leurs livrets de progression, pour éclairer leur compréhension de la loi. Ces paragraphes ne sont pas la loi eux-mêmes : ils ne sont pas figés dans le temps, ils n’ont pas à être sus par cœur, la promesse ne les concerne pas explicitement.
1. Le cadet respecte sa parole et tient ses engagements.
La cadette respecte sa parole et tient ses engagements.
Toute parole qu’un cadet prononce l’engage, et tout engagement qu’il prend doit sauf cas de force majeure être tenu. Un cadet ne renonce pas à un engagement pris parce qu’il a plus intéressant à faire ailleurs. Un cadet arrive donc aussi toujours à l’heure. Un cadet fait tout pour être digne de confiance, et il sait qu’on doit pouvoir compter sur lui. « Je considère comme un point d’honneur et de conscience, en toutes choses, de tenir ma parole — surtout lorsque d’autres ont été amenés à agir en s’y fiant. » (Abraham Lincoln).
2. Le cadet est loyal envers ses parents, sa patrie, ses chefs et ceux qui lui sont confiés.
La cadette est loyale envers ses parents, sa patrie, ses chefs et ceux qui lui sont confiés.
Le cadet est reconnaissant envers ses parents, sa patrie et ses chefs pour ce qu’il en reçoit. Il travaille à faire grandir en lui la connaissance de cet héritage, pour entretenir et transmettre à son tour ces dons. C’est pourquoi il respecte les lois et règlements de son pays, de ses parents, de ses chefs et de tous ceux qui sont fondés à lui en donner. Cette obéissance, qui naît de la fidélité et non de l’obligation, ne lui interdit ni l’esprit critique, ni l’initiative, ni la contradiction. Le cadet est aussi au service de ceux qui lui sont confiés, par le droit, par son engagement comme cadet ou par les circonstances. « On ne juge pas une nation à la manière dont elle traite ses citoyens les plus élevés, mais à celle dont elle traite les plus humbles » (Nelson Mandela). De même, on jugera avant tout un cadet à l’attention qu’il porte aux plus faibles.
3. Le cadet est fait pour servir son prochain et montrer l’exemple.
La cadette est faite pour servir son prochain et montrer l’exemple.
Partout où est le cadet, en famille, à l’école, en voyage, en entreprise, en public, il n’est pas là pour consommer mais pour contribuer, et pour rendre l’endroit meilleur qu’il ne l’était avant qu’il n’arrive. Il ne se contente pas d’accepter de rendre les services demandés : il en prend l’initiative. « Là où il y a un scout, il doit y avoir quelque chose de changé » (Jacques Sevin). Servir son prochain, c’est aussi veiller sur lui : être attentif aux autres en toutes circonstances. Chaque personne que le cadet rencontre est son prochain : « Celui-là fut le prochain de l’homme abandonné sur la route qui le couvrit de son manteau et vint à son secours: on n’est le prochain de personne, on fait d’autrui un prochain en se faisant son prochain par un acte. » (Simone de Beauvoir). C’est enfin lui montrer l’exemple : dans le respect de sa personne, lui montrer ce qui est bon, ce qui est beau, ce qui est vrai, ce qui est utile, être un exemple pour lui, lui donner confiance en lui et l’inviter à se mettre lui aussi au service.
4. Le cadet est l’ami de tous et le frère de tout autre cadet.
La cadette est l’amie de tous et la sœur de toute autre cadette.
Le cadet voit en toute personne avant tout un ami, quels que soient ses origines, son âge, son genre, sa situation, ses choix de vie, ses opinions religieuses ou politiques. Il est aussi le frère de tous les autres cadets, parce qu’il partage avec eux ce même désir de suivre la loi des cadets, et parce qu’ils sont ensemble les enfants d’une même “patrie”, le “pays de nos pères”. Or, c’est bien le fait d’être enfants des mêmes pères qui définit la fraternité. Cette fraternité ne se limite pas aux cadets, elle se vit dans l’amitié, la solidarité, le respect envers tous, y compris au-delà des frontières. « Les hommes sentent dans leur cœur qu’ils sont un même peuple lorsqu’ils ont une communauté d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et d’espérances. Voilà ce qui fait la patrie. La patrie, c’est ce qu’on aime » (Fustel de Coulanges).
5. Le cadet est courtois, franc et généreux.
La cadette est courtoise, franche et généreuse.
Le cadet est courtois dans tous les moments de la vie, et s’attache à rendre agréable les échanges du quotidien avec tous ceux qu’il rencontre. Il bannit de ses paroles toute forme d’insulte ou de vulgarité. Le cadet sait aussi dire les yeux dans les yeux ce qu’il y a à dire à quelqu’un, même quand c’est difficile à dire ou quand il doit demander pardon. Il sait le dire avec courtoisie, tempérance et charité, non pas dans le but de blesser ou de se donner un beau rôle, mais dans celui d’avancer au service de chacun. Le cadet est généreux : il sait donner ce qu’il a, et donner de sa personne pour accomplir son devoir avec courage et prudence. « La jeunesse n’est pas l’âge des plaisirs, c’est l’âge de l’héroïsme » (Paul Claudel).
6. Le cadet aime et protège la nature, les plantes et les animaux.
La cadette aime et protège la nature, les plantes et les animaux.
Le cadet contemple la nature autour de lui, sous toutes ses formes : la faune, la flore et les paysages. Il sait qu’il en fait partie et que chacun de ses actes, des petits gestes du quotidien aux grands choix de vie, peuvent avoir des conséquences sur ce qui l’entoure. Le cadet cherche la sobriété dans son rapport à la nature, il ne lui demande pas plus que ce qu’elle peut offrir à chacun. Il sait que les rythmes de la nature sont lents et il veille à la protéger partout où cela est possible. «Essayez de laisser ce monde un peu meilleur que vous ne l’avez trouvé » (Robert Baden-Powell). Le cadet respecte aussi son propre corps : il fait de son mieux pour rester en bonne santé, afin de pouvoir continuer à servir.
7. Le cadet prend des initiatives et ne fait rien à moitié.
La cadette prend des initiatives et ne fait rien à moitié.
Le cadet s’accomplit autant dans la réalisation de grands projets, que des petits gestes du quotidien. Parfois, la sagesse ou la prudence lui imposent de s’arrêter, pour sa sécurité et celles des autres. Dans tous les autres cas, quand son devoir ou son initiative ont conduit le cadet à entamer un travail, il ne s’arrête pas en chemin et va jusqu’au bout. « On ne fait jamais attention à ce qui a été fait ; on ne voit que ce qui reste à faire » (Marie Curie).
8. Le cadet est maître de lui, il sourit et chante dans les difficultés.
La cadette est maîtresse de soi, elle sourit et chante dans les difficultés.
Dans des circonstances difficiles, le cadet montre sa tempérance : il n’est l’esclave ni de sa déception, ni de son impatience, ni de sa colère. Il sait garder son sourire quoiqu’il arrive. Il peut « voir détruit l’ouvrage de sa vie, et sans dire un seul mot, se mettre à rebâtir » (Rudyard Kipling). Le cadet avance dans les difficultés sans regarder derrière lui. Il n’est pas nostalgique du passé mais travaille à rendre l’avenir meilleur.
9. Le cadet est économe et prend soin du bien d’autrui.
La cadette est économe et prend soin du bien d’autrui.
Le cadet ne s’encombre pas d’objets superflus, il ne gaspille pas, il n’achète rien dont il n’ait pas l’usage et il n’est soumis ni aux modes ni à la gourmandise. Le cadet mène une vie sobre mais sans avarice. Il se défait avec sagesse de ce qui ne lui sert plus. « La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à enlever » (Antoine de Saint-Exupéry). Le cadet prend soin du bien d’autrui autant que du sien, que ce soit le bien qui lui est confié ou celui dont il se trouve avoir la charge à l’insu de son propriétaire, tel l’objet trouvé ou le champ traversé.
10. Le cadet est libre et donc responsable de ses pensées, ses paroles et ses actes.
La cadette est libre et donc responsable de ses pensées, ses paroles et ses actes.
Le cadet est libre : il choisit lui-même ses pensées, ses paroles et ses actes. Il ne subit aucune influence extérieure qu’il n’a lui-même librement choisie, il sait se remettre en question et choisir ses combats. Le cadet est responsable : il assume ses actes et ses paroles ; il peut dire pourquoi il a commis une erreur ou manqué à un engagement ; il peut expliquer pourquoi il pense, parle et agit comme il le fait. Il s’affranchit de tout ce qui pourrait l’empêcher de devenir celui qu’il veut être. « Si vous êtes ce que vous devez être, vous mettrez le feu au monde entier ! » (Catherine de Sienne)
